Les baigneuses

Les Baigneuses Et pourquoi ce thème si souvent illustré dont la contemporanéité du traitement échappe et dont les styles manquent de cohérence ?
Les premières baigneuses datent de 1988. Retrouvées au fond d'une grange, elles ont servi de prétexte à celles qui suivent.
Provocante, triomphante, blessée en 1988 ; la baigneuse s'ouvre sur la part du vide en 2013. Plus si seule, elle est deux, voire trois. Elle interroge : l'autre, le rapport à l'autre, la sororité.
L'espace entre les corps est aussi important que le corps lui-même. La femme occupe sa place dans un espace dont elle dessine les pleins et les partitions.
Pourquoi pas nue ? Parce que civilisée, parce qu'élevée dans son corps dans la dynamique du mouvement. Le maillot de bain est une libération. Il affirme. Il positionne.
Il n'habille pas pour séduire mais revêt la présence, active ou vacante d'un temps autonome où la femme s'occupe tranquillement de soi.
Ensemble. Si regard sur l'autre porté, il interpelle. Qui suis-je ? Qui es-tu ? Le rapport à l'autre, la distance et la proximité dans l'ignorance et la conscience de l'autre où chacune occupe sa place.
Belle ? Jeune ? Les femmes ne sont pas forcément "de première jeunesse". Elles ne portent rien que leur être au monde, que l'affirmation de leur humanité. Elles passent. Elles interrogent. Elles sont habillées de la dignité d'être soi. Leur beauté n'est pas le sujet. Leur place oui.