Les baigneuses

Les premières baigneuses datent de plus de vingt ans. Retrouvées au fond d'une grange, les premières toiles ont servi de prétexte à celles qui suivent.
Provocante, triomphante, blessée en 1988 ; la baigneuse s'ouvre sur la part du vide en 2013. Plus si seule, elle est deux, voire trois. Elle interroge : l'autre, le rapport à l'autre, la sororité.
Pourquoi pas nue ? Parce que civilisée, parce qu'élevée dans son corps dans la dynamique du mouvement. Le maillot de bain est une libération. Il affirme. Il positionne. Il n'habille pas pour séduire mais revêt la présence, active ou vacante d'un temps autonome où la femme s'occupe tranquillement de soi.
Ensemble. Si regard sur l'autre porté, il interpelle. Qui suis-je ? Qui es-tu ? La distance et la proximité dans l'ignorance et la conscience de l'autre où chacune occupe sa place.
Entre les lignes Le fond traverse la forme. La femme occupe l'espace dont elle dessine les pleins et les partitions.
Belle ? Jeune ? Les femmes ne sont pas forcément "de première jeunesse". Elles ne portent rien que leur être au monde, que l'affirmation de leur humanité. Elles passent. Elles interrogent. Elles sont habillées de la dignité d'être soi. Leur beauté n'est pas le sujet. Leur place oui.